Allongement des montures de lit
Il est fréquent de retrouver dans nos greniers, ou pire, dans les bennes de déchetteries, les vieux lits bateaux de nos grands parents. Trop courts, pas assez larges, trop « rustiques », ce sont pourtant des meubles de qualité, construits solidement, dans des bois nobles. On peut leur envisager une seconde vie si on accepte de les confier à un artisan. Dans le cas présent, il s’agissait de rallonger les montures de 10 cm et de se rapprocher au plus près de la finition initiale. Nous aurions pu également prévoir de les repeindre.
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Secrets de fabrication
Il a fallut dans un premier temps fabriquer deux pièces de bois aux dimensions de la monture et de sa plinthe. 3 épaisseurs ont été collées entre elles. Puis a été reporté sur le chant de cette pièce le contour de l’extrémité de la monture d’un côté et celui du pied de lit de l’autre. La pièce a alors été chantournée à la scie à ruban en laissant un fruit de quelques dixièmes de millimètres. La suite est une question de patience pour se rapprocher au plus près des moulures d’origine.
La monture et la greffe ont été mortaisées pour l’assemblage par domino (« faux tenon »). Deux autres mortaises ont été réalisées à l’extrémité pour reporter les « pigeons », pièces carrées permettant de guider l’assemblage démontable des montures et du pied de lit. Un trou à été réalisé pour laisser le passage de la vis à tête romaine qui solidarise les montures et le pied de lit. Enfin, il a fallu couper les vis, souder une rallonge de 10 cm et agrandir l’encoche dans la monture de lit (la « chapelle ») pour que la vis puisse à nouveau se glisser dans son emplacement.
Restait alors la finition à réaliser. La recherche de teinte est un exercice de cuisinier, un peu plus de ci, un peu moins de ça, essai sur une pièce martyre, et on recommence jusqu’à trouver un compromis satisfaisant. Puis on réalise la finition : masquage de la pièce d’origine, teinte, séchage, vernissage au pistolet avec un vernis brillant, séchage, égrainage au papier de verre très fin, application d’une patine dans les creux, séchage, jexage à la laine d’acier pour retrouver au plus près la continuité de la patine de la pièce d’origine, deuxième couche de vernis, jexage, cire.














